Le nouvel opus de RIDE arrive juste à temps pour relancer la fièvre moto. Nouvelles sensations, progression plus exigeante et envie de rouler partout. De quoi patienter entre deux vraies sorties.
RIDE 6 arrive pile quand l’envie de remettre le cuir devient ingérable, et il assume son rôle de substitut entre deux vraies virées. Disponible dès maintenant sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC (via Steam et Epic Games Store), le dernier Milestone promet plus de liberté, plus de variété, et un pilotage qui peut devenir franchement pointu.
Le timing parle à tous ceux qui comptent les jours avant la première sortie “propre” de l’année. Dans le garage, on hésite entre un gros plaisir de style comme une Triumph Bonneville Bobber à 16 695 €, un roadster moderne type Ducati Monster V2 à 12 590 € ou une sportive affûtée comme la KTM 990 RC R à 15 949 €. Sur console ou PC, l’idée reste la même : rouler, progresser, se tirer la bourre, sans attendre la météo ni le week-end.
Reste une question très simple : RIDE 6 se contente-t-il d’empiler des motos et des circuits, ou parvient-il enfin à recréer ce mélange de culture moto, de progression et de pilotage qui donne envie d’y revenir, même après une vraie sortie sur route ?
Un festival moto plutôt qu’un championnat
Le gros morceau de RIDE 6, c’est son nouveau concept de carrière : le RIDE Fest. Oubliez la progression verticale façon “je gagne une coupe, je passe à la suivante” et place à un système plus horizontal, où l’on choisit ses événements selon des thématiques. Dans l’esprit, on se rapproche d’un agenda de roulages et de défis, plus proche d’une saison de motard que d’un championnat figé.
En pratique, on enchaîne des épreuves, on récolte des Fame Points, on construit sa réputation, puis on débloque des affrontements plus relevés, présentés comme des “boss”. L’idée fonctionne parce qu’elle pousse à varier les styles de bécanes et les types de pistes, au lieu de rester collé à une seule catégorie. Et quand on a déjà connu des modes carrière qui sentent le tableur, cette approche a au moins le mérite d’installer un rythme.
Le clin d’Å“il “culture moto” passe aussi par l’intégration de 10 pilotes légendaires, avec des défis associés. On retrouve des noms qui parlent à des générations différentes, de Casey Stoner à Guy Martin en passant par Niccolò Canepa. Franchement, voir ces références intégrées à la progression, plutôt qu’une simple galerie d’images, donne un peu de chair à l’ensemble.
340 motos, 45 pistes, et enfin de la variété
Sur le contenu brut, RIDE 6 joue la carte XXL : plus de 340 motos, 21 constructeurs, 7 catégories, et 45 circuits. On trouve des tracés bien réels parmi les plus connus, mais aussi des pistes fictives, ce qui permet de sortir du triptyque “grands prix, grands prix, grands prix”. Pour un joueur, cette alternance évite la lassitude, surtout quand on veut rouler “pour rouler”.
Le plus intéressant, à nos yeux de motards, tient à l’élargissement des familles de machines. RIDE 6 intègre des Maxi Enduros, des Bagger-Bikes et même des sections Offroad. Autant dire qu’on ne reste plus cantonné à la sportive et au roadster de circuit. Et oui, ça change l’ambiance : un bagger ne se jette pas sur l’angle comme une supersport, et c’est précisément ce décalage qui fait du bien à la licence.
Cette variété impose aussi un jeu plus “à l’écoute” : freinage, transfert de masse, remise des gaz, tout ne se pilote pas pareil. La promesse, c’est de pouvoir passer d’une machine très rigoureuse à une autre plus permissive sans avoir l’impression de conduire la même moto avec une autre peau. Sur ce point, l’intention affichée va dans le bon sens.
Pour garder une lecture claire, voilà l’ampleur du terrain de jeu annoncé :
| Élément | Ce que propose RIDE 6 |
|---|---|
| Motos | Plus de 340 |
| Constructeurs | 21 |
| Catégories | 7 |
| Circuits | 45 |
| Pilotes “légendes” | 10 |
Dual Physics, le vrai sujet pour les puristes
Le point technique qui mérite qu’on s’y attarde, c’est le nouveau système Dual Physics. Milestone annonce deux expériences distinctes : un mode Pro pensé pour ceux qui veulent une simulation plus exigeante, et un mode Arcade plus accessible. L’intérêt, c’est la bascule possible “à la volée”, sans devoir recommencer une carrière ou accepter un pilotage unique pour tout le monde.
En Pro, on nous promet une simulation plus détaillée, avec des réglages moto plus poussés. Pour les mordus qui aiment passer du temps à ajuster un comportement, ça peut devenir un vrai terrain d’apprentissage. Le piège, on le connaît : si la physique “réaliste” devient surtout punitive, le plaisir s’évapore. Là , le jeu veut amortir la marche avec une Fahrschule, une école de pilotage intégrée pour travailler ses bases.
Le mode Arcade, lui, vise ceux qui veulent mettre du gaz sans passer deux soirées à comprendre pourquoi l’avant se déleste en sortie de courbe. Ce n’est pas un gros mot : même en presse, on apprécie parfois un pilotage plus permissif pour découvrir un tracé ou enchaîner des courses rapides. La bonne idée, c’est de ne pas opposer les deux publics, mais de laisser chacun trouver son niveau, puis d’évoluer.
Reste que la réussite d’un double modèle dépend d’un détail : la cohérence. Si l’Arcade ressemble à un jeu “sur rails” et le Pro à un simulateur sec, on se retrouve avec deux jeux moyens au lieu d’un bon jeu modulable. Sur le papier, l’ambition est solide, et la licence avait besoin de ce choix clair plutôt que d’un compromis tiède.
Multijoueur, éditeurs et Unreal Engine 5
Sur la partie “vie du jeu”, RIDE 6 coche les attentes modernes avec du crossplay complet, un mode split-screen et des outils de personnalisation qui vont au-delà du simple changement de couleur. Entre l’éditeur de motos, de casques et de combinaisons, plus un Race Creator pour créer et partager des événements, le titre cherche à fabriquer des histoires de course, pas seulement des chronos. Le tout repose sur l’Unreal Engine 5, et même si un moteur ne fait pas un jeu, on attend au minimum une présentation plus propre, des ambiances de piste plus crédibles et une sensation de vitesse mieux rendue. À ce stade, la promesse la plus intéressante reste la même : si vous ne pouvez pas rouler dehors, RIDE 6 veut vous donner une raison de mettre les gants quand même, manette en main, et de revenir y “tourner” comme on retourne sur son ruban préféré.


