La Benda Dark Flag 500 se démarque par son style de cruiser particulier. Elle mise aussi sur une dotation technologique riche. Un modèle qui vise ceux qui veulent une moto différente, sans renoncer aux équipements.
Benda Dark Flag 500. Rien que le nom annonce la couleur, et en la découvrant de près, on comprend vite que cette cruiser n’a pas été dessinée pour se fondre dans le décor. Avec son V4 de 496 cc donné pour 46,9 ch à 9 000 tr/min et 42 Nm à 7 200 tr/min, elle reste compatible A2, mais elle arrive avec un bagage technique qu’on associe d’ordinaire à des machines plus huppées.
Le plus étonnant, ce n’est même pas la fiche moteur, déjà exotique pour une « petite » cylindrée. Ce qui frappe, c’est l’intention: proposer une custom au look très « US » dans l’esprit, mais avec une exécution moderne, presque démonstrative. Dans un segment où beaucoup de modèles se contentent d’un bicylindre et d’un équipement minimal, cette Dark Flag 500 joue la différence à fond, jusqu’à la suspension pneumatique et la désactivation de cylindres.
Reste une question très terre à terre pour nous, motards français: une cruiser aussi lourde sur la balance, avec une puissance A2, peut-elle séduire autrement que par sa singularité et sa dotation? Sur le parking, on a déjà une partie de la réponse. Sur route, il faudra surtout accepter son cahier des charges.

Une silhouette de bagger, format A2
À première vue, la Benda Dark Flag 500 donne l’impression d’une moto plus grosse que sa cylindrée. La longueur de 2 330 mm et la hauteur totale de 1 267 mm étirent la ligne, pendant que le double échappement et l’arrière massif enfoncent le clou. Largeur annoncée à 800 mm: on n’est pas sur une petite moto fine qui se faufile, mais sur une machine qui assume l’encombrement, comme une mini-bagger.
En selle, l’approche reste cruiser: bas, relax, jambes en avant. La hauteur de selle annoncée à 700 mm (avec une plage possible entre 670 mm et 700 mm via la suspension) promet une accessibilité correcte, y compris pour les gabarits moyens. Le revers de la médaille se lit sur la balance: 260 kg à sec. Autant dire qu’en manÅ“uvres, on ne parle pas d’une 500 « légère », et il faudra une béquille latérale bien posée sur sol en pente, sous peine de sueurs froides.

Un V4 de 496 cc, et pas pour frimer
Le cÅ“ur de la Benda Dark Flag 500, c’est ce moteur V4 4 temps, 16 soupapes, SOHC, refroidi par liquide et alimenté par injection électronique (EFI). Sur une cruiser A2, la configuration surprend, parce que le V4 reste rare, encore plus sous la barre des 500. La puissance maxi de 46,9 ch colle au cadre A2, et le couple de 42 Nm arrive à 7 200 tr/min, ce qui donne déjà une indication: on n’est pas sur un gros twin qui tracte à 2 500 tours, mais sur un moteur qui demande un peu de régime pour donner le meilleur.
La transmission cherche la douceur: boîte 6 vitesses et, surtout, transmission finale par courroie. Sur une custom, c’est un choix cohérent: moins d’entretien qu’une chaîne, moins de réactions qu’un cardan, et un côté « velours » qui colle à l’esprit. On note aussi un embrayage type slipper (zapatilla), inattendu sur une cruiser, mais pas idiot pour lisser les rétrogradages si le moteur prend ses tours plus volontiers qu’un V-twin traditionnel.
Le point qui fait lever un sourcil, c’est la désactivation automatique de cylindres: les deux cylindres arrière peuvent se couper à faible charge. Sur une cylindrée de 496 cc, l’idée vise surtout la conso et la gestion thermique en roulage stabilisé, même si aucune valeur n’est annoncée. Et côté caractère, il faut s’attendre à une sonorité différente d’un twin « qui cogne »: plus lisse, plus mécanique, avec ce timbre particulier des quatre-cylindres en V. Les puristes de la pulsation façon custom classique risquent de tiquer; ceux qui aiment les mécaniques atypiques vont se régaler.

Confort technologique, mais poids à assumer
La promesse de la Benda Dark Flag 500 se résume à un mot: confort, au sens moderne du terme. La pièce maîtresse, c’est la suspension pneumatique sur les deux amortisseurs arrière, avec réglage de hauteur qui permet de faire varier la selle entre 670 mm et 700 mm. L’intérêt ne se limite pas à « rabaisser pour poser les pieds »: une suspension pneumatique peut aussi maintenir l’assiette malgré la charge, ce qui parle à ceux qui roulent à deux ou qui trimballent du barda. Ajoutez à ça un régulateur de vitesse, et vous obtenez une cruiser qui vise clairement les longues liaisons tranquilles. Sauf qu’avec 260 kg à sec et seulement 46,9 ch, il ne faut pas attendre des relances de catapulte: la vitesse maxi annoncée à 129 km/h remet les pendules à l’heure. Pour cruiser sur départementales, pourquoi pas; pour avaler de l’autoroute au long cours, on restera lucide sur la marge disponible, surtout chargé.

Équipement, gabarit et usage: à qui parle cette Benda?
Dans la vraie vie, l’intérêt de la Benda Dark Flag 500 tient à sa capacité à offrir une expérience « grosse moto » sans sortir du permis A2. Son réservoir de 16 litres laisse espérer une autonomie correcte; sans chiffre de consommation, on reste prudent, mais la présence de la désactivation de cylindres suggère une recherche d’efficience sur les phases stabilisées. Et avec une longueur de 2 330 mm, on sait déjà que le stationnement en ville demandera de l’anticipation: demi-tours serrés, places étroites, trottoirs mal fichus, tout ce qui fait râler au quotidien avec une grosse custom.
La dotation mise en avant tourne autour de trois axes, et c’est là qu’elle se différencie d’une partie des cruisers A2 plus traditionnelles. L’équipement marquant comprend :
- suspension pneumatique arrière à double amortisseur, avec hauteur de selle modulable 670 à 700 mm
- régulateur de vitesse pour les longues portions stabilisées
- désactivation de cylindres (coupure des deux cylindres arrière à faible charge)
- transmission par courroie pour la douceur et l’entretien réduit
- boîte 6 vitesses associée à un embrayage slipper

Face aux alternatives A2, on ne parle pas d’une rivale directe d’une Honda Rebel 500 ou d’une Kawasaki Eliminator 500 dans l’esprit: ces deux-là jouent la simplicité, la facilité, le gabarit contenu. La Benda Dark Flag 500 vise plutôt le motard qui veut une présence visuelle et une fiche technique qui sort du rang, quitte à accepter un rapport poids/puissance qui limitera les ardeurs. Même une Royal Enfield Super Meteor 650 (hors A2 selon versions et bridages) ou une Benelli 502C ne vont pas chercher ce délire technologique autour d’un V4 et d’une suspension pneumatique.
Le point à surveiller, pour nous, reste la disponibilité et le réseau: à ce jour, cette Benda Dark Flag 500 n’est pas annoncée comme distribuée officiellement sur le marché français. Dommage, parce qu’entre une custom A2 « classique » et une machine qui ose le V4 et le confort techno, il y a une vraie place pour ceux qui veulent rouler différent. Encore faut-il pouvoir l’essayer, l’entretenir, et trouver les pièces sans jouer les explorateurs.

