Connue pour ses casques, cette marque met aussi en avant ses atouts côté équipement. Elle propose une gamme de vêtements pensée pour la pratique trail et aventure, avec des solutions orientées protection et confort.
Quand une marque qu’on associe d’abord au casque débarque avec un ensemble textile trail, on attend autre chose qu’un simple copier-coller de catalogue. Avec le duo LS2 X-Master, la promesse tourne autour d’un triptyque très concret: polyvalence, protection, adaptation à la météo. Bref, l’équipement qui doit encaisser la vraie vie d’un trailiste, pas seulement la photo au col.
Le marché, lui, ne laisse plus beaucoup de place aux approximations. Les ensembles aventure se vendent à coups de membranes, de zips de ventilation et de certifications, face à des références installées chez Klim, Rev’it ou Alpinestars. Et la clientèle trail, souvent passée par une BMW R 1300 GS ou une Yamaha Ténéré 700, sait très bien repérer un textile qui vieillit mal au bout de 5 000 km.
Reste une question simple: est-ce que LS2 sait transposer son sérieux “casque” dans une tenue complète, pensée pour rouler longtemps, transpirer, prendre l’averse, puis repartir? Sur le papier, le X-Master aligne des choix techniques qui méritent qu’on s’y attarde.
Une certification AA qui pose le décor
Premier point qui compte, et pas seulement pour cocher une ligne sur l’étiquette: la certification AA annoncée pour la veste et le pantalon. Dans la norme EN 17092, on parle d’un niveau de résistance et de protection déjà sérieux pour un usage route et aventure, au-dessus des ensembles “urbains” trop légers. Pour qui roule en trail sur départementales défoncées, pistes roulantes et liaisons d’autoroute, ce n’est pas un détail.
À première vue, LS2 a compris un truc: en aventure, l’équipement travaille autant que la moto. Frottements au réservoir, genoux qui serrent, branches, cailloux, poussière, pluie qui s’invite par capillarité… Le textile doit tenir et rester cohérent, sinon on finit avec une veste qui baille au col et un pantalon qui remonte dès qu’on se met debout sur les repose-pieds.
Le positionnement “trail et aventure” se lit aussi dans la logique d’ensemble: une veste et un pantalon pensés pour fonctionner ensemble, avec un système d’union, une construction multi-couches et des solutions de ventilation. Là où certains concurrents vendent des pièces séparées qui ne se parlent pas, le LS2 X-Master assume le pack, et c’est plutôt une bonne nouvelle pour l’usage.
Une veste trois couches pensée pour encaisser
La veste LS2 X-Master annonce une construction trois couches. Traduction: on module selon la saison et selon la route. On retire, on remet, on combine. Pour qui roule en France, avec une journée qui démarre à 6 degrés dans le brouillard et se termine à 22 degrés au soleil, cette approche reste la plus logique, même si elle ajoute de l’épaisseur et un peu de manip.
Le tissu extérieur en Ripstop, avec des densités différenciées, vise clairement la durabilité sur les zones exposées. On parle des épaules, des coudes, des flancs, tout ce qui frotte quand on porte un sac, quand on grimpe/descend souvent, ou quand on s’appuie au guidon sur une longue liaison. Les textiles aventure “jolis” mais trop fins, on connaît: au bout de quelques sorties, ils boulochent et perdent leur tenue.
Au cÅ“ur du dispositif météo, LS2 met en avant une membrane Sheltex Plus imperméable et respirante, utilisable à l’intérieur ou à l’extérieur. Ce point mérite qu’on s’y arrête: porter la membrane par-dessus, c’est souvent plus efficace sous une pluie continue, parce qu’on évite de gorger le tissu extérieur. À l’inverse, en usage quotidien, la membrane interne limite l’effet “k-way” et garde une ligne plus propre. Deux options, deux usages, et au moins on choisit.
Pour le froid, un doublure thermique amovible complète la panoplie. Rien de révolutionnaire, mais indispensable pour ceux qui roulent 10 mois sur 12. Le piège, sur ce type de veste, vient de l’empilement: si les couches gênent la mobilité aux épaules, on fatigue vite. Sur un trail, on bouge plus que sur un routier: on se lève, on se rassoit, on tourne la tête, on joue du guidon large.
Côté protections, la veste intègre des éléments homologués aux épaules et aux coudes, avec des coudières réglables. Bonne idée: on n’a pas tous les mêmes bras, et une protection mal placée ne sert qu’à se rassurer. La compatibilité avec des protections thoraciques et dorsales complète l’ensemble, et c’est là que l’équipement prend du sens pour une pratique aventure un peu engagée.
Ventilation, hydratation et détails qui comptent
Sur la LS2 X-Master, le point différenciant mis en avant, c’est la fermeture éclair décentrée IDEAL magnetic. L’idée: dégager une zone de ventilation directe sur le torse, sans créer une “cheminée” au milieu qui se transforme en entrée d’eau au premier orage. Sur route, une ventilation poitrine bien pensée change la vie, surtout derrière une bulle qui crée parfois une dépression et garde la chaleur.
La veste reçoit aussi des prises d’air placées “stratégiquement”. On attend de voir en conditions, parce que les ventilations, sur le papier, toutes les marques en parlent. En pratique, tout dépend du volume d’air qui circule vraiment, et de la capacité à évacuer l’humidité quand on roule lentement en sous-bois. Les ensembles aventure trop étanches finissent en sauna dès qu’on quitte l’autoroute.
Autre détail qui sent le vécu: la possibilité d’intégrer un système d’hydratation. Pour ceux qui enchaînent les étapes, surtout en été, boire sans s’arrêter évite de finir rincé au bout de 200 km de pistes. On pourrait sourire en se disant “gadget”, mais quand on l’a adopté, revenir en arrière devient compliqué. Les marques orientées Adventure l’ont compris depuis longtemps.
Le pantalon LS2 X-Master reprend la même logique tricouche, avec membrane démontable, doublure thermique et tissu renforcé. La cohérence veste/pantalon reste un point fort: même philosophie, mêmes usages, et une continuité de protection. On évite l’erreur classique du haut ultra-technique et du bas basique qui s’use au premier frottement.
Les détails de finition comptent aussi, surtout quand on parle d’un ensemble censé encaisser des journées longues. Les fermetures YKK sont annoncées, et c’est plutôt rassurant: un zip qui lâche sur une veste aventure, ça n’arrive jamais devant la maison, toujours à 80 km du prochain village, sous la pluie. Le système d’union avec la veste complète le tableau, utile pour limiter les entrées d’air et éviter que le pantalon ne descende quand on se met debout.
Un pantalon orienté ergonomie et protection
Le pantalon LS2 X-Master met l’accent sur l’ajustement: protections de genoux réglables en hauteur et protections de hanches de série. Là encore, réglable veut dire “adaptable”, donc potentiellement plus efficace. Un genou protégé trop bas ou trop haut, on le sent tout de suite dès qu’on plie la jambe, et on finit par ne plus porter la tenue si elle agace.
Un point intéressant pour les gros trails: des panneaux intérieurs annoncés pour protéger de la chaleur moteur. Sur une BMW R 1300 GS ou une Ducati Multistrada V4, la gestion thermique a progressé, mais en été, dans les bouchons ou à faible allure, le rayonnement reste réel. Un textile qui brûle les mollets ou qui “colle” à cause de la chaleur devient vite invivable.
L’ergonomie s’appuie sur de larges zones élastiques pour faciliter le contrôle de la moto assis comme debout. Et là , on touche le nerf de l’aventure: un pantalon trop rigide gêne le pilotage, surtout quand on se lève souvent. Les trails modernes, même un “simple” Yamaha Ténéré 700, invitent à bouger. Si la tenue suit, on pilote mieux; si elle bloque, on subit.
Enfin, LS2 annonce un système de ventilation ANSS pour optimiser le flux d’air en roulant. Là aussi, seule la route dira si ça ventile vraiment à 50 km/h sur une piste ou si l’effet ne se sent qu’à 120 km/h sur voie rapide. Toujours est-il que l’intention colle à l’usage: un ensemble aventure doit gérer le chaud autant que le froid, et pas seulement compter sur une membrane “respirante”.
Au final, le LS2 X-Master ressemble à une offensive sérieuse sur le textile trail: certification AA, construction trois couches, membrane Sheltex Plus modulable, protections réglables, ventilation travaillée, détails pratiques comme l’hydratation et les zips YKK. On attend désormais le plus important: la tenue dans le temps, le confort réel sur une journée complète, et la cohérence des coupes avec les bottes et les genouillères. Si LS2 réussit ce passage du casque au textile, les références du segment vont devoir compter avec un nouvel acteur crédible.


